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Journal peau-rouge
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Journal peau-rouge
J'ai lu cet été le Journal peau-rouge.

En 1974, Jean Raspail part faire une sorte de voyage-enquête aux States, de façon assez méthodique de l'est à l'ouest, à la recherche des vestiges des anciennes tribus indiennes, afin d'évaluer à quel point leur civilisation, leur "esprit", a pu subsister. Selon les tribus, l'indianité est plus ou moins vivace, authentique, et les degrés d'intégration à la civilisation américaine vont du rejet total (Hopis, Miccosuckees) à l'adaptation parfaite (Cherokees, Navajos, Crows), avec toutes les nuances possibles, les meilleures (Crows), comme les pires (Santa Rosas).
L'alcoolisme, la dégénérescence, le parasistisme ternissent l'image rêvée que nous, comme l'auteur, voudrions garder de « l'Indien ». Mais à trop idéaliser « l’Indien », on gomme les spécificités de chaque tribu (voire de chaque clan) et on court à la désillusion.
J’ai aimé dans ce livre la façon très lucide que Raspail a d’aborder le sujet, très honnête et décapante car refusant l’idéologie. C’est un livre très politique, dont le thème conducteur pourrait être la race. On trouve cette anecdote stupéfiante : les Cherokees ont confié à des ordinateurs le soin de calculer le degré de pureté du sang indien dans les veines de chaque membre de la tribu, degré exprimé en 16èmes. Certains jeunes gens viennent consulter l’ordinateur avant de se marier pour voir si leur mariage fera remonter ou baisser les 16èmes dans la famille ! La phrase « La race, c’est un choix. » pourrait presque résumer le livre.
A suivre…
NB : je ne sais pas si j'ai rangé ce sujet où il fallait. Si ce n'est pas le cas je présente d'avance mes plates excuses à Monsieur l'Herméthécaire.

En 1974, Jean Raspail part faire une sorte de voyage-enquête aux States, de façon assez méthodique de l'est à l'ouest, à la recherche des vestiges des anciennes tribus indiennes, afin d'évaluer à quel point leur civilisation, leur "esprit", a pu subsister. Selon les tribus, l'indianité est plus ou moins vivace, authentique, et les degrés d'intégration à la civilisation américaine vont du rejet total (Hopis, Miccosuckees) à l'adaptation parfaite (Cherokees, Navajos, Crows), avec toutes les nuances possibles, les meilleures (Crows), comme les pires (Santa Rosas).
L'alcoolisme, la dégénérescence, le parasistisme ternissent l'image rêvée que nous, comme l'auteur, voudrions garder de « l'Indien ». Mais à trop idéaliser « l’Indien », on gomme les spécificités de chaque tribu (voire de chaque clan) et on court à la désillusion.
J’ai aimé dans ce livre la façon très lucide que Raspail a d’aborder le sujet, très honnête et décapante car refusant l’idéologie. C’est un livre très politique, dont le thème conducteur pourrait être la race. On trouve cette anecdote stupéfiante : les Cherokees ont confié à des ordinateurs le soin de calculer le degré de pureté du sang indien dans les veines de chaque membre de la tribu, degré exprimé en 16èmes. Certains jeunes gens viennent consulter l’ordinateur avant de se marier pour voir si leur mariage fera remonter ou baisser les 16èmes dans la famille ! La phrase « La race, c’est un choix. » pourrait presque résumer le livre.
A suivre…
NB : je ne sais pas si j'ai rangé ce sujet où il fallait. Si ce n'est pas le cas je présente d'avance mes plates excuses à Monsieur l'Herméthécaire.


Clémence- Commandeur de la Constellation du Sud
- Nombre de messages: 1724
Age: 41
Localisation: Amiens
Date d'inscription: 27/04/2008
Journal peau-rouge (suite et fin)
A côté de passages terribles sur l’alcoolisme et l’assistanat, le rêve n’est pourtant pas absent de ce livre : quelques figures éclairent le voyage de Raspail, comme la princesse Nowadonah à qui le livre est dédié, Arikepa et Tsali, deux vieillards, Diane Montgomery et son rêve indien…
Les Crows restaurent toute l’admiration de Raspail et leur invocation au calumet clôt le livre avec poésie :
Le fil rouge du « reportage » est une réflexion sur ce qui fait l’Indien : la race, la nature, le territoire, la tribu, les bisons, le silence et le mystère : « Ce que nous devons partager n’est plus à nous. »
Enfin, quelques passages sont du plus haut comique, comme celui où notre Consul Général fait allusion à sa façon de danser la danse indienne, ou celui, à la fin du livre, où est relaté la visite d’hommage à Foch par une délégation Crows
"A l'instant même où la délégation des Crows remontait dans son autocar, en file indienne, cinquante affreux touristes japonais débarquaient de leur paquebot panoramique, en file japonaise, c'est-à-dire n'importe comment les uns contre les autres. Face à l'inconcevable, ils se figèrent en statues, l'un sur le pied droit, tétanisé dans sa marche, l'autre un doigt dans le nez, un troisième la bouche ouverte stupidement ainsi qu'il convient à un Japonais qui ne comprend plus rien à rien. Connaissant mes Nippons comme je les connais, ils se gratteront la tête jusqu'à leur mort, là-bas à Tokyo ou à Yokohama, et se tortureront la cervelle jusqu'à l'imbécillité totale sans parvenir à trouver le moindre début d'explication plausible à la présence de quinze guerriers peaux-rouges emplumés, un matin de 1973, à Paris."
Les Crows restaurent toute l’admiration de Raspail et leur invocation au calumet clôt le livre avec poésie :
A Celui qui est au-dessus, la première personne et le premier créateur, je te dédie ce calumet. Nous cherchons ton chemin, ta protection et ton affection. Nous demandons que tu veilles sur nous tout le temps, car nous souhaitons vivre longtemps, vivre bien et être heureux toujours.
Notre mère la terre, je t'offre ce second calumet de la paix. Que nos vies sur toi soient longues et heureuses. Ne nous permets pas de prendre des routes tordues, ni que nos pistes s'égarent. Et que nos mocassins suivent la piste de la beauté éternellement !
A toi maintenant l'Est, d'où le vieillard, notre grand-père Soleil, vient sur les lointaines collines de l'est et nous apporte le jour, je t'offre ce calumet. Que tu puisses toujours nous apporter de bonnes journées, des journées gaies, des journées chaudes. Et, nous te le demandons, que rien n'attriste la lumière que tu nous apportes.
Sud, où vit l'éternel été, je te dédie ce calumet. Lorsque les jours s'allongent après l'hiver, nous te prions de nous envoyer un bon été. Un été où les fruits poussent abondamment pour que nous puissions bien vivre. Et que l'herbe pousse beaucoup pour que les bisons puissent se nourrir.
A l'Ouest, j'offre ce calumet, là où notre grand-père Soleil s'enveloppe de son manteau écarlate et emporte la clarté du jour en passant sur la colline. C'est là que nos ancêtres sont allés et nous te demandons qu'ils veillent sur nous. Lorsque le moment sera venu pour nous de les suivre, nous voulons avoir avec eux une réunion gaie.
Finalement je me tourne vers le nord, où l'Hiver éternel habite. Toi qui résides là-bas, reçois aussi ce calumet. Nous sommes faibles contre ton froid. Sois gentil avec nous. Envoie-nous seulement la quantité de froid que nous pouvons endurer. Nous te demandons seulement de nous envoyer les bonnes neiges et les vents salutaires, les neiges et les vents qui activent nos corps et éclaircissent nos esprits.
Le fil rouge du « reportage » est une réflexion sur ce qui fait l’Indien : la race, la nature, le territoire, la tribu, les bisons, le silence et le mystère : « Ce que nous devons partager n’est plus à nous. »
Enfin, quelques passages sont du plus haut comique, comme celui où notre Consul Général fait allusion à sa façon de danser la danse indienne, ou celui, à la fin du livre, où est relaté la visite d’hommage à Foch par une délégation Crows
"A l'instant même où la délégation des Crows remontait dans son autocar, en file indienne, cinquante affreux touristes japonais débarquaient de leur paquebot panoramique, en file japonaise, c'est-à-dire n'importe comment les uns contre les autres. Face à l'inconcevable, ils se figèrent en statues, l'un sur le pied droit, tétanisé dans sa marche, l'autre un doigt dans le nez, un troisième la bouche ouverte stupidement ainsi qu'il convient à un Japonais qui ne comprend plus rien à rien. Connaissant mes Nippons comme je les connais, ils se gratteront la tête jusqu'à leur mort, là-bas à Tokyo ou à Yokohama, et se tortureront la cervelle jusqu'à l'imbécillité totale sans parvenir à trouver le moindre début d'explication plausible à la présence de quinze guerriers peaux-rouges emplumés, un matin de 1973, à Paris."

Clémence- Commandeur de la Constellation du Sud
- Nombre de messages: 1724
Age: 41
Localisation: Amiens
Date d'inscription: 27/04/2008
Re: Journal peau-rouge
bonsoir Clémence
j'ai lu un livre de Jean Raspail correspondant à cette description.
Seulement il me semble qu'il ne portait pas le même titre et n'avait pas la même présentation. Je crois que ce livre s'appelait "les peaux rouges aujourd'hui" et il y avait des illustrations à l'intérieur.
En tout cas je partage tout à fait votre analyse, le livre que j'ai lu correspondait exactement à cela.
j'ai lu un livre de Jean Raspail correspondant à cette description.
Seulement il me semble qu'il ne portait pas le même titre et n'avait pas la même présentation. Je crois que ce livre s'appelait "les peaux rouges aujourd'hui" et il y avait des illustrations à l'intérieur.
En tout cas je partage tout à fait votre analyse, le livre que j'ai lu correspondait exactement à cela.

Isabelle- Officier de l'Etoile du Sud
- Nombre de messages: 96
Age: 49
Date d'inscription: 24/01/2010
Re: Journal peau-rouge
Elle est bien, cette nouvelle recrue ! 

Clémence- Commandeur de la Constellation du Sud
- Nombre de messages: 1724
Age: 41
Localisation: Amiens
Date d'inscription: 27/04/2008
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